En entrant sur le terrain, mieux vaut connaitre les règles du jeu : cela vaut aussi pour la prise de parole en public. Avec ou sans veste ? Baskets ou talons ? Debout ou assis ? Micro ou pas ? Sans oublier de prévoir la petite blague obligatoire, si le public est anglosaxon – cela fait partie des attentes standards. En général, ce repérage sert à éviter les fausses notes. Mais attention : si les codes de l’exercice ne vous conviennent pas, vous avez le droit de les bousculer.
Ne pas hésiter à changer les règles du jeu
Prenons le cas où vous êtes le dernier à intervenir dans une longue journée de séminaire. Projeter une présentation Powerpoint, comme les 10 orateurs précédents, risque de faire suffoquer d’ennui votre auditoire. Mieux vaut donc imaginer un autre format : quizz, questions-réponses… Vous pouvez aussi innover dans le but de marquer les esprits. Un exemple saisissant est le discours prononcé à la remise des diplômes HEC de 2016 par le patron de Danone, consacré principalement à ses souvenirs de son frère schizophrène. On peut aimer ou pas. Mais ce discours-là restera dans les annales.
Enfin,
mieux vaut changer les règles du jeu si l’exercice, tel qu’il est prévu, est voué à l’échec. Si vous voulez capter l’attention de gens « de terrain », ne les enfermez pas dans une salle pendant huit heures. Il vaudrait sûrement mieux couper la journée avec une visite de site. Ou, a minima, proscrire le plateau-repas avalé sans mettre le nez dehors.
Quand on est pris dans la routine ou dans l’urgence, on ne s’autorise pas assez à faire autrement. Un jour de printemps, au retour de la cantine, un stagiaire en formation a fait remarquer qu’on aurait presque pu s’installer dehors. J’ai approuvé la boutade d’un sourire. Puis me suis demandée ce qui nous en empêchait. Cet après-midi de travail sur la pelouse est un excellent souvenir, pour tout le monde, je pense.
Enfin, mieux vaut bousculer les modalités quand ces dernières vous angoissent. Si la perspective de parler seul à 300 personnes vous ôte le sommeil, pourquoi ne pas envisager une présentation à deux voix. Pour convaincre votre chef, dites-lui que cela donnera plus de rythme et de vie à votre intervention. En plus, c’est vrai !
Bref, pour le bien de l’auditoire et pour le vôtre, soyez créatifs !


lair vous aide à définir vos priorités, mais il vous épargne des frustrations. J’ai rencontré en formation une jeune ingénieure qui, après avoir présenté les projets d’aménagement en réunion publique, se sentait toujours en échec. Et pour cause ! Son but était de convaincre tous les habitants en deux heures que l’installation d’une déchetterie dans leur commune était une bonne nouvelle : mission impossible. Elle a finalement pris conscience que, face à des opposants dogmatiques et virulents, l’objectif devait être, plus modestement, de les canaliser et d’éviter qu’ils ne monopolisent la parole – pour permettre d’autres échanges plus constructifs. Ce changement de regard lui a permis d’être plus détendue et plus motivée.
réduire le stress ? Les exercices respiratoires en tout genre, familiers aux adeptes du yoga et de la méditation, aident à réduire l’angoisse et libérer la voix – parfois nouée ou tremblante. Parmi les innombrables possibilités, la technique du 4-7-8 a le mérite d’être facile et de pouvoir se pratiquer n’importe où. Bien évidemment, plus vous pratiquez ce exercice (ou d’autres), plus il sera bénéfique.
grigris en tout genre – personne n’en saura rien. Vous pouvez par exemple porter un foulard ou un costume que vous associez à de bons souvenirs. Ou même, comme Michael Jordan, Basile Boli ou Colin Farrell s’en ouvrent avec une candeur désarmante, miser sur la présence réconfortante de votre caleçon / slip / string fétiche. Un psychanalyste y trouverait peut-être à redire, mais ça, on s’en fiche.
Bien sûr, il est vrai que notre visage et notre corps parlent. On a tous vu cent fois la scène du suspect scruté à travers une glace sans tain. Et on se souvient de l’interview du malheureux Clinton après la malheureuse affaire Monica Lewinsky : les experts en communication ont compté qu’il s’était touché le nez 26 fois ! Par un phénomène inconscient autant qu’étrange, il paraît en effet qu’on se touche le nez quand on ment. Mais, a priori, vous n’avez pas à proférer de mensonge aussi énorme que l’ancien président des Etats-Unis. Et, si c’est le cas, vous n’aurez pas un bataillon d’experts pour visionner à l’infini votre prestation et scruter, interpréter, décompter, décrypter, commenter avec acharnement chacun de vos gestes.